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Archive pour février 2011

Les dirigeants arabes dans la tourmente:La génération du facebook et du twitter à l’assaut des bastions colonialistes.

Mardi 22 février 2011

 

 

Nul n’aurait pensé ,voilà seulement une décennie,que le monde arabe allait  connaître autant de bouleversements tant les dirigeants furent excessivement confiants que les peuples maintenus des décennies durant sous le joug de l’oppression et de l’iniquité ne pourraient être un jour capables non seulement de défier l’autorité publique mais la contester et mettre sa légitimité en cause au vu des slogans exigeant non plus la satisfaction des droits ou des correctifs à apporter à une gouvernance sujette constamment aux protestations mais la chute tout court de régimes qui ne répondent  plus aux aspirations des nouvelles générations  rebelles. 

 .Des générations qui rejettent l’aliénation fusse-t-elle au profit d’un certain nationalisme via les slogans de la propagande officielle des régimes au parti unique constitués par les satellites de l’ex-URSS d’une part et les monarchies qui ne reconnaissent  pas de telles structures politiques par ce que fonctionnant sur le système tribal qui a démontré jusque –là son efficacité relayé par des revenus pétroliers colossaux qui même s’il ne font pas l’objet de partages équitables ont pu contribuer à leur conférer une certaine crédibilité compte tenu de la faiblesse des populations sur le plan des statistiques leur procurant ainsi une plus grande marge de manœuvre contrairement à leurs homologues dans les pays dépourvus de ressources naturelles qui comptent sur l’aide extérieure; hypothéquant leur souveraineté au gré des concessions qui allaient être le principal détonateur des émeutes des jeunesses qui constatent avec amertume leurs dirigeants basculer dans le camp ennemi et leur pays se transformer en bastions américano-sionistes et  qui juge impératif de se soulever afin de récupérer leur statut de citoyens qui leur fut contesté et démontrer  leur détermination à rompre avec le passé pour prendre leur destin en main aussi brutalement que le sont les révoltes contre des régimes considérés jusque-là comme immuables. 

 

La division du monde arabe en deux blocs antagonistes se disputant le leader- cheap planétaire au temps de la guerre froide et prêchant  deux idéologies fondamentalement contradictoires a longtemps constitué un solide alibi aux gouvernants arabes forts du soutien chacun de la puissance à laquelle il fait allégeance pour prévenir toutes velléités de contestations et se prémunir contre d’éventuelles mouvements insurrectionnels car la conjoncture de l’époque tenait les peuples constamment en alerte contre une menace imaginaire savamment orchestrée et  entretenue aussi longtemps que le recommande leur maintien au pouvoir pour que le citoyen ait l’esprit de s’engager dans la voie de la revendication qui aurait été perçue non seulement comme une atteinte à l’autorité du gouvernement qui a su en faire un tabou mais une trahison au regard de la société toute entière à la merci de la propagande du parti unique dans lequel le pouvoir puise sa légitimité au dépend de la constitution et qui non seulement rejette de ce fait l’idée de la rébellion  et n’y adhère pas mais la combat tout simplement. 

 

Cette situation permit aux régimes de passer outre la volonté populaire pour agir dans l’opacité du concept de sauvegarde des acquis de la révolution pour la gestion de l’Etat ,lequel concept ne tarda pas à montrer les limites d’une politique fondée sur la supercherie et la négation de l’autre et le peu de cas que les autorités font des citoyens appelés à cautionner leurs dérives en instrumentalisant leurs élans patriotiques  et leur attachement à une communauté qui doit sa force à trois facteurs essentiels : 

 

a)-l’attachement de l’arabe aux composantes de sa personnalité en premier lieu sa religion islamique et sa détermination à la défendre farouchement d’où l’échec des expéditions militaires et des missionnaires qui se sont fixés entre autres  objectifs l’évangélisation des musulmans avec pour seul mot d’ordre de les ‘arracher à leur fanatisme religieux  à travers un semblant de civilisation qu’ils tendirent d’introduire au sein de la société musulmane qui a toujours manifesté son hostilité à toute approche dont l’effet serait de porter atteinte aux us et aux coutumes et encore moins à la religion que plusieurs croisées n’ont pu altérer ni aliéner. 

 

b)-La célèbre université El azhar elle aussi dans le collimateur du pouvoir non seulement pour sa sympathie avec les frères musulmans mais tout simplement par ce qu’elle est le fief par excellence de cette organisation  taxée d’intégriste et  qui agit en vertu de ses obligations d’institution universelle d’avant-garde avec pour mission de veiller à la perfection de la pensée islamique,la propagation du savoir afin que l’islam reste prépondérant et le prémunir contre toutes tentatives malveillantes et qui a réussi à remplir son rôle de catalyseur malgré les contraintes tous azimuts à laquelle elle s’est trouvée toujours confrontée et dont la plus significative reste sans doute la campagne de mobilisation et de sensibilisation qu’elle a menée pour soutenir l’effort des combats de 1948 pour la récupération de
la Palestine qui venait tout juste de faire l’objet d’une occupation sans précédant pour laquelle la communauté internationale joua un rôle scélérat en voulant créer un foyer national juif aux détriments des palestiniens qui se sont trouvés spoliés de leur terre et condamnés à subir une autre forme de shoah. 

 

c)-La confrérie des frères musulmans qui,à travers ses ramifications dans le monde,constitue un défit certain aux régimes arabes avec lesquels ses rapports furent de tous temps orageux et basés sur les craintes mutuelles,chacune des deux parties estimant que l’autre lui est une source de dangers imminents qui procèdent de sa conviction que leur essence est la conséquence logique de la chute de l’empire ottoman dont l’effritement généra de nouvelles entités connues aujourd’hui sous le nom de pays arabes  à la tête desquelles furent placés des commis dont la mission est d’agir en souverains inféodés aux thèses occidentales et disposés à être à leurs services exclusifs selon un pacte en vertu duquel les superpuissances garantissent leur maintien au pouvoir,à charge pour eux de remplir leur contrat de protecteurs de l’Etat hébreux. L’illustration de la tension qui caractérise ces rapports demeure sans aucun doute le scénario monté de toutes pièces par le régime de Nasser qui,voulant s’en débarrasser,estima être l’objet d’une manœuvre visant le renversement de son régime et sa liquidation physique alors qu’il tenait un meeting dans le square d’El manchia en Alexandrie(Egypte) en 1954 et qui fut l’occasion tant convoitée pour décréter sa prohibition. La pendaison du théologien SEID KOTB sur ordre de Moscou à l’issue d’une parodie de jugement en 1965 ne fit que confirmer le divorce. 

 

     Cette prise de position motivée par des raisons politiques justifie la volonté du pouvoir de la mettre hors circuit  redoutant son impacte sur la société qui est tel qu’elle constitue un défi majeur à relever et un sujet d’exaspération et d’inquiétude depuis son émergence jusqu’à la révolte qui embrasa le pays du nil voilà maintenant un mois pour prendre de nouveau les devants de la scène après plus d’un demi-siècle d’éclipse officiellement mais qui demeura active malgré tout pour se restituer à son rôle séculaire d’autorité spirituelle estimant avoir des prérogatives dictées par l’engagement qui fut le sien depuis toujours. Un engagement gagnant en importance au rythme des évènements qui secouèrent la région et que la guerre du golfe allait bouleverser en 2003 étalant au grand jour les contradictions des régimes mis pour la première fois à rude épreuve et leur incapacité à prévenir la scission au sein de la ligue arabe qui cautionna en grande majorité l’occupation d’un Etat souverain(l’Irak) tant convoité en raison de ses réserves pétrolières et non la libération du Koweït comme il émane des résolutions onusiennes et des allégations de la coalition. 

 

d)-Le rôle déterminant ,idéologiquement en réformant la culture du combat par la réhabilitation de la guerre sainte d’une part et  stratégiquement par ses performances  sur le terrain face à cet même ennemi au profit duquel bascule toujours l’équilibre des forces bien que l’efficacité de la résistance libanaise est à chercher dans les développements qu’elle apporta aux techniques de la guérilla,du Hezbollah dans la prise de conscience de la nécessité du combat que la nation arabe est appelée à adopter comme stratégie pour la récupération des terres usurpées par Israël à l’issue de ses confrontations militaires qui se sont toujours soldée par la défaite du camp arabe dont celle de 1967 qui consacra dans l’esprit du citoyen non seulement l’image d’armées vaincues mais pire encore,il s’en suivit le concept de l’armée israélienne invincible que la propagande officielle a réussi à inculquer à la génération de l’après-guerre et qui profita à l’ennemi à qui l’affrontement lui fut évité pendant plusieurs décennies d’une part ,et bénéficiant d’un autre coté d’une aide inconditionnelle et accrue par la faute de slogans qui servirent ses intérêts en le montrant exposé au danger permanent arabe selon un slogan désastreux mais combien cher à Nasser: »Nous allons jeter Israël à la mer » et dont l’effet fut qu’en voulant récupérer les terres spoliées,le monde arabe finit par céder une partie de ses possessions ,savoir le Sinaï  égyptien et le Golan syrien. 

 

Ces facteurs cumulés au marasme économique généré par une gestion mafieuses des énormes potentialités de ces pays dont la quasi-totalité des citoyens vivent dans la misère et le dénuement  firent que le sentiment fut à l’indignation et au mécontentement général couvant des décennies pour se transformer en bombes à retardement qui n’appelle qu’à en déclencher le compte à rebours;ce qui fut à la faveur du phénomène de l’immolation par le feu qui reste pour une jeunesse en désespoir la seule alternative pour faire entendre sa voix par un pouvoir qui fait la sourde oreille à ses souffrances et qui s’est trouvée du jour au lendemain gagnée par une terrible ferveur au changement qui laisse perplexes les stratèges les plus avertis dépassés pour une fois aussi bien par la brutalité des révoltes que par la spontanéité d’une jeunesse qu’on a toujours considérée comme  résignée à son sort  et tout juste capable de saccages et d’émeutes  -mais de loin inapte à se structurer pour déclencher la rébellion -que les dispositifs policiers furent en mesure de contenir sans qu’il y est une menace pour la stabilité des régimes que rien à leurs yeux ne paraissait mettre en cause. Mais c’est sans compter avec les mutations de la société que le progrès technique ne les a pas rendues seulement possibles mais déconcertantes au point  que les régimes qui s’estimaient indéboulonnables se trouvent  ébranlés pare la foudre des révoltes qui embrasa au départ
la Tunisie ,à qui revient le mérite de radicaliser la portée sociale des revendications pour exiger la chute tout court du système,pour se propager au reste des pays au gré des soulèvements dans un cycle infernal au grand dam des puissances qui constatent leurs bastions céder un à un à la pression de la rue et à qui elles ne sont plus d’aucun secours hormis les déclarations d’appels à la modération et à la retenue qu’elles lancèrent à leurs anciens valets abandonnés à leur sort en restant dans l’expectative de l’issue des évènements . 

 

Le facebook et le twitter au service de la révolte:. 

 

L’avènement de la toile universelle du web en sus de son aspect didacticiel ajouta aux difficultés des dirigeants qui se sont trouvés privés de leur atout majeur dont  l’absence explique la vulnérabilité d’un ensemble de systèmes ayant longtemps misé sur la propagande comme moyen d’intimidation et de dissuasion car les services électroniques en l’occurrence le facebook et le twitter crées justement pour détourner l’attention de ces jeunesses en perdition des réalités de leur pays ont été curieusement mis à contribution pour contourner la censure et déjouer la vigilance des services de sécurité qui constituaient jusqu’à un passé récent la principale garantie de leur pérennité. Mais également a permis de lever le voile sur l’ensemble des tabous à l’image des révélations fracassantes de WIKILEAKS qui en disent long sur le processus de pourrissement de ceux que la nation considérait jusque-là comme ZOUAAMA(leaders) et qui,créant l’effet domino,se sont engagés en catastrophe dans une avalanche de mesures allant jusqu’à faire des concessions qu’ils juraient par tous les saints du monde indiscutables. 

 

le musellement des médias opéré simultanément en Tunisie en Egypte pour empêcher la communication des émeutiers entre eux(interdiction à la chaîne satellitaire el jazeera d’émettre à partir de ces deux pays, le pillage de son bureau et la détérioration de ses équipements )traduit l’embarras des gouvernements et leur impuissance à contenir le phénomène des révoltes qui ont abouti déjà à la chute de deux des leaders dont tout le monde était unanime à reconnaître leur puissance et qui pourtant ont été emportés par la déferlante populaire au prix de lourds sacrifices en vies humaines évaluées par centaines et qui sont le tribut à payer et s’inscrivent dans les impératifs de la révolution qui doit son succès en grande partie à cette jeunesse irrésistible et ouverte aux technologies de pointe qui parvint grâce à son éducation,sa culture,sa discipline,sa bravoure et son attachement à ses origines à relever un défi vieux de soixante ans . Ni les chars déployés dans les rues ni les mercenaires sollicités depuis l’étranger et généreusement rétribués pour commettre des génocides ne peuvent les sauver d’un sort inéluctable que l’immolation par le feu d’un certain BOUAAZIZI en Tunisie a fixé. Le verdict populaire du déclin de la tyrannie est tombé . La chute de l’édifice du mal est irrémédiable. 

 

HAMMANA Mahmoud,retraité 

Guémar (Algérie)