Le Vendredi maudit des oligarchies arabes.

L’apprentissage de la démocratie.

-Le jour du vendredi qui est celui de la prière hebdomadaire serait-il devenu une journée fatidique pour la communauté musulmane dont les peuples semblent ,dans un regain de confiance en soi ,relever le défi de la soumission et de du défaitisme pour partir à la conquête de leur dignité,communier dans le même élan nationaliste revendicatif pour décréter les soulèvements successifs devant aboutir inéluctablement à la rupture des Oligarchies au pouvoir depuis la chute de l’empire ottoman et ce,au vu de ce qui s’est passé en Tunisie et de ce qui est en train de se dérouler en Egypte ou le même scénario est en train de se reproduire? Est-ce un mauvais présage de ce que réserve l’avenir à leurs homologues qui s’accrochent désespérément au pouvoir?Le destin voulant un nombre égal de victimes,les mêmes atteintes aux biens publics symboles de la tyrannie ,la même tergiversation du leader au même titre que son homologue BENALI et aussi la même détermination des pharaons d’exiger la fin du règne du régime de MOUBARAK à l’age d’une génération toute entière.

-En se soulevant,les Egyptiens ont pris le relaie de leur frères Tunisiens pour donner la preuve qu’il ne s’agit pas d’un excès de colère conjecturelle mais la réaction de peuples conscients et déterminés à prendre leurs destins en main pour enfoncer davantage le clou dans le sarcophage des régimes vacillant depuis de longue date et en sursis d’écroulement mais que le soutien de l’occident n’en fait que retarder l’échéance. Le soulèvement est sans conteste un signal interprété par le reste des peuples comme un appel à leur intention afin d’élargir le front de contestation populaire à l’effet d’achever les derniers bastions de l’indignité et de la trahison. Les tunisiens garderont le mérite d’avoir fait des revendications limitées jusque-là à de simples requêtes sociales un choix politique fondamental exigeant audacieusement la décapitation du régime ouvrant ainsi non seulement la voie aux autres à travers leur courage mais introduisant la refonte de l’esprit de contestation pour radicaliser les aspirations populaires au grand dam et au désarroi des puissances hégémoniques prises au dépourvu par la déferlante insurrectionnelle non intégriste cette fois mais d’un nouveau monde arabe en cours de gestation et tout à fait différent au point de brouiller les cartes du maître occidental contraint à rester dans l’expectative des aléas politiques et à la merci de la nouvelle donne et à qui les rapports des services de renseignements ne lui serviront désormais à rien. Un occident qui constate impuissant que ses acquis gagnés à coup de guerres et de subversions lui filent entre les doigts dans un monde arabe qui semble plus que jamais décidé à rompre avec son passé d’opprobre pour passer pour un facteur avec qui il faudrait composer dans le futur.

-Est-ce une coïncidence ou un choix délibéré que l’opposition dans la plupart des pays musulmans ait choisi précisément ce jour de repentance et de piété à l’effet de stimuler les foules en interpellant leur attachement à la religion en tant que garantie de leurs engagement sur la scène politique pour leur insuffler plus facilement la foi du sacrifice pour la conquête de la rue et défier l’autorité du souverain,maintenant que les Tunisiens ont ouvert le bal et briser le signe indien en étant les premiers à franchir le seuil de la psychose de la puissance autoritaire en déterminant avec clarté les démarches à suivre ?L’éviction des imams fidèles à la doctrine de l’ex-dictateur Tunisien et la réhabilitation des espaces réservés à la prière aux niveau des missions diplomatiques et la restitution des mosquée à leurs réelles vocations attestent de l’authenticité des Tunisiens en tant que nation profondément attachée à sa religion musulmane malgré la culture d’occidentalisation à laquelle BOURGUIBA la soumise son règne durant et qui curieusement eut un effet tout –à- fait contraire puisque les voilà lui affichant davantage de fidélité. La démocratie passe selon eux par le respect de la diversité culturelle et la non exclusion de l’autre,fusse t-il l’intégrisme dont s’est servi longtemps l’occident pour terroriser la société tunisienne
Dans le dessein de la rendre plus réceptive à sa doctrine foncièrement sioniste et anti-musulmane.

-Malgré que les slogans jusque-la scandés dans les émeutes tachent de relever de préoccupations démocratiques afin d’éviter toute interprétation du pouvoir faisant des revendications sociopolitiques de tout un peuple le résultat d’une manipulation malveillante d’un courant hostile à la démocratie et aux valeurs de la république,l’anathème religieux continue de s’imposer comme élément catalyseur pour inspirer les masses en fureur bravant tous les dangers et qui se trouvent spontanément guidées par leur instincts confessionnel pour se restituer à leur vraie dimension musulmane et qui deviennent de plus en plus difficiles à endoctriner privant ainsi les gouvernants de leurs principale atout qui consiste à canaliser leur amour pour la patrie à leurs profits exclusifs dans le cadre de la surenchère socialiste pour les satellites de l’ex-URSS qui justement éprouvent de ce fait beaucoup plus de difficultés pour amorcer leur décollage vers la démocratie que les pays qui ont choisi le modèle libéral comme système politique.

-C’est pourquoi, l’absence remarquée de la confrérie religieuse des frères musulmans en Egypte habituée à parrainer les soulèvements populaires et qui au dire de son propre patron dans une déclaration à la chaîne aljazeera hier « que la décision ayant déclenché les émeutes du Caire lui échappe et que le peuple en a décidé ainsi loin de toute mobilisation spirituelle mais que la djamaa bénie l’initiative des jeunes et se réjouie de leur maturité politique,de leur conscience et aussi de leur civisme » semble être dictée par ce souci de sauvegarder le caractère instinctif de la contestation populaire qui couve depuis que le régent d’Egypte a accédé aux commandes de son pays qu’il dirige d’une main de fer ,étant fidèle à sa vocation d’ancien chef de l’armée de l’air au temps de SADATE. Lequel dans son discours d’hier soir à la nation semble la fustiger bien qu’il ne l’a pas nommément désignée pour son rôle établi de fait dans la conduite des événements et qui cadre avec certaines thèses occidentales qui en voulant l’impliquer tendent à porter un coup dur à cette nouvelle révolution qui se développe dans le temps et dans l’espace et la confisquer aux profits de leurs objectifs futurs. Les craintes israéliennes d’une éventuelle accession au pouvoir des intégristes islamiques suite à une probable vacance du pouvoir en Egypte se trouvent fondées dans la mesure ou la Djamaa est omniprésente malgré tout sur la scène politique et n’a jamais caché son hostilité envers l’Etat hébreux .

Hammana Mahmoud,
Retraité,Guémar(Algérie)

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